Le vrai héros de l’histoire !
Chronique de la Saint-Nicolas

26.11.2018
 
 
La ville de Fribourg aime les traditions. En Suisse, on ne rigole pas avec ça ! L'une d’entre elles est particulièrement chère au cœur des fribourgeois : je veux parler de la Saint-Nicolas.

Imaginez trente mille personnes foulant le bitume à la recherche d’un emplacement stratégique. Debout, cela va sans dire. Pour une surface aussi restreinte, dépourvue de chauffage et sans aucune intimité, ça fait cher le m2 ! Mais quand on aime, on ne compte pas !

La température est glaciale. Une foule compacte s’agglutine sur le tracé prévu pour le saint patron de la ville. Un rassemblement en mode helvétique d’où rien ne dépasse, hormis les bonnets des enfants juchés sur les épaules de leurs parents.

Quelques retardataires jouent des coudes. Les habitués remettent en place les importuns : ce soir, pas question de céder une parcelle de son territoire !
Une brusque agitation s’empare de mes voisins de cortège. Il arrive, il arrive !

Saint-Nicolas, installé sur son âne, fait son entrée au son des fifres. Vêtu de blanc et encadré par un cordon d’étudiants du collège St-Michel (tradition oblige) le voici, le voilà, souriant sous le regard réprobateur du père Fouettard. L’excitation monte, quelques enfants se cachent en rougissant derrière leurs parents.

Soudain, Saint-Nicolas farfouille dans sa hotte et agite les bras. Une volée de biscômes s’éparpille dans la foule. L’un d’entre eux tombe à mes pieds et disparaît aussitôt, happé par une main rapide. Oublié le saint patron de la ville ! Petits et grands se disputent - dans un joyeux désordre - le précieux butin à l’odeur caractéristique.

J’ai beau respecter les traditions, je ne suis pas dupe. Je suis sûre que vous non plus !

Vous et moi savons bien que demain, c’est le nombre de biscômes gagnés et non Saint-Nicolas et son âne, qui feront la une de la récré.

Parce que c’est lui, le vrai héros de l’histoire ! Le biscôme : ce pain d’épices au goût d’enfance, star incontournable du patrimoine culinaire fribourgeois. Pas facile à réussir (je garde jalousement ma recette longuement testée) mais si bon à manger !

Saint-Nicolas n’a qu’à bien se tenir ! Car notre héros reviendra l’an prochain. Plus ferme et plus épicé que jamais !
 
 
Anita Hochstetter