Où est passée la magie de Noël ?

17.12.2019
Cette année, ma chronique de Noël a du retard. Cela doit être en raison du réchauffement climatique. A cause de lui,  je peine à réaliser que nous sommes en décembre. J’attends le froid, que bientôt je maudirai. Les premiers flocons de neige à laisser fondre sur la langue, comme une dose d’homéopathie bienfaisante. Les mystérieux dessins du givre sur les fenêtres et la buée sur les lunettes. Sans oublier les armées de glaçons, au garde-à-vous sous les avant-toits des maisons.
 
Privée de ces repères nostalgiques mais entraînée par le marketing ambiant, je décide tout de même d’acheter un sapin au marché du samedi matin. Je le ramène à la maison sans conviction, avec l’impression de m’être trompée de saison. Ce sentiment de désorientation perdure lorsque je remonte de la cave, les bras chargés de décorations. Décidément, le cœur n’y est pas. Je compte sur mes souvenirs d’enfance pour me mettre dans l’ambiance.
 
Où est passée la magie de Noël ? Ceux qui ont la chance d’accueillir un nouveau-né peuvent vous l’expliquer. Je ne connais pas de plus merveilleuse machine à remonter le temps que les enfants. Regarder le monde avec leurs yeux, c’est coloriser un univers devenu gris et blanc. C’est se rappeler que les chants de Noël peuvent se transformer en karaokés, que le sapin n’est pas vraiment terminé sans les chocolats et qu’il faudra sans doute une journée pour tout ranger ! Mais rien n’est plus précieux que ces moments partagés.
 
Les spots de la grande distribution jouent sur cette corde sensible. A cette période de l’année, ils rivalisent d’imagination pour nous rappeler l’importance de nos liens. Car il nous manque toujours quelque chose, ou quelqu’un. Et les fêtes viennent exacerber cette quête de sens.
 
La romancière américaine Anaïs Nin écrivait : « Nous avons découragé le voyage intérieur. Aussi avons-nous perdu notre centre, et il nous faut le retrouver ». Au lieu de chercher à combler le manque par un surplus d’activités, pourquoi ne pas revenir à l’essentiel ? Inviter nos proches, être à l’écoute de nos amis, passer du temps avec ceux que nous négligeons trop souvent. Nous en ressortirions revigorés et apaisés.
 
C’est peut-être cela, finalement, la magie de Noël.  Retrouver son cœur d’enfant,  pour continuer à rêver !




Anita Hochstetter
Décembre 2019